Prothèse personnalisée : Le shooting d’Anaïs par Jean-Philippe Meurice

Cette semaine nous avons la chance de pouvoir partager avec vous l’expérience d’Anaïs. C’est grâce à ses orthoprothésistes de Orthoévolution que nous avons eu la chance de recontrer cette utilisatrice incroyable. Au détour d’un shooting réalisé par Jean-Philippe Meurice pour son anniversaire, Anaïs répond à nos questions, parfois personnelles mais toujours naturelles sur elle-même, sa prothèse personnalisée par U-exist et sa « nouvelle vie ».

L’interview d’Anaïs, femme extravagante et porteuse d’une prothèse personnalisée avec U-exist


Racontez-nous votre histoire. 
Qui êtes-vous ?

Je m’appelle Anaïs et j’ai 24 ans. Je suis éducatrice. J’ai eu un accident de la route le 12 juin 2014, j’ai eu le pied complètement sectionné. Je suis restée 1 mois et demi à l’hôpital à cause d’un microbe.

Quels moyens artistiques utilisez-vous pour exprimer votre personnalité ?

Ma personnalité s’exprime par les tatouages et par mon look. J’exprime ma « nouvelle » personnalité par la photographie.

 « Je n’aime pas ressembler aux autres et mon handicap est donc parfait »

Comment vous est-venu l’idée d’avoir une prothèse personnalisée ?

Comme je le dis précédemment, j’aime sortir de l’ordinaire donc il me fallait une prothèse décorée, c’est donc pour cela que mes prothésistes Orthoévolution m’ont proposé vos motifs.

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Sous l’objectif de Jean-Philippe Meurice, Anaïs prouve « que le handicap physique ne change pas la beauté. »
Pourquoi avoir choisi le motif libellule ?

J’ai choisi le motif libellule parce que je voulais quelque chose qui s’accorde facilement avec différentes tenues. Dans un premier temps, je voulais une couleur sobre, alors que maintenant je prendrais volontiers un motif coloré.

Trouvez-vous un lien entre vos tatouages et le fait que votre appareillage soit customisé ?

Oui, c’est un peu une sorte de tatouage « éphémère ». Mais il n’y a pas de lien entre la signification de mes tatouages et le design du motif que je choisis pour ma prothèse.

Avez-vous remarqué des changements dans le regard des autres ?

Non, en tout cas pour les gens qui me connaissait déjà avant. Par contre, quand je ne cache pas ma prothèse, les gens ont des regards interrogatifs, surtout les enfants.

A propos du shooting :

Qui a eu l’idée de cette séance photo ? Quel en était l’objectif ?

Le shooting est un cadeau d’anniversaire de mon amie Elodie. Son objectif en m’offrant ce cadeau, c’était de me prouver que j’étais toujours belle même avec une prothèse. Et ça a fonctionné.

Où l’avez-vous fait ?

Il s’est déroulé à Liège en Belgique, pas loin de chez le photographe.

Comment vous sentiez-vos face à l’objectif ?

Je me sentais très bien, le photographe était très professionnel, il avait tout prévu. Il me guidait vraiment bien. J’y ai pris beaucoup de plaisir.

Pourquoi est-il important pour vous ?

D’un point de vue personnel, il a été très important pour moi, il m’a fait prendre conscience de que j’étais très jolie. Je m’assume totalement à présent. Je n’aurais jamais fait de shooting avant, mais maintenant j’adore ça !!! Et j’aimerais en faire plein ! Ensuite d’un point de vue extérieur, je peux prouver qu’un handicap physique ne change pas la beauté. Il faut juste avoir confiance en soi !

En ce temps de Saint-Valentin, abordons le sujet de l’amour :

Se sentir mieux avec une prothèse personnalisée, faire face au handicap physique avec originalité et personnalité, c'est le crédo de U-exist., bureau de design spécialisé dans la customisation orthopédique.
Parce qu’être féminine avec un handicap physique ne doit pas être un obstacle, il était naturelle pour une U-exit de proposer une solution simple et abordable sur-mesure. Porter une prothèse personnalisée, c’est un pas de plus vers l’acceptation.
Le port d’une prothèse a-t-il une importance dans votre vie amoureuse ? Votre vie de couple ?

Très peu, j’ai un compagnon très compréhensif. Il n’est absolument pas dérangé par la prothèse. Par contre moi, je trouve que ça enlève quand même le charme d’une femme et dans les moments intimes, devoir l’enlever c’est un peu comme mettre un préservatif. C’est un peu dérangeant même quand ça fait un certain temps que l’on est en couple.

Et pour la Saint-valentin, avez-vous pensé à quelque chose en particulier ?

Non, c’est la Saint-Valentin tous les jours chez moi.

Faites-vous intervenir votre appareillage dans votre façon de vous habiller ?

Bien sûr, c’est comme les rondeurs tout ne me vas pas. L’été, c’est régulièrement jupe pour pouvoir montrer ma prothèse. L’hiver on met un habillage sur ma prothèse pour avoir un mollet pour moi pouvoir mettre des bas collants.

L’adaptez-vous selon vos évènements ?

Pour les évènements, cela dépend un peu des gens qu’il y aura, de quel genre d’évènement. Même si ça ne me dérange pas de montrer ma prothèse, je ne veux pas non plus monopoliser l’attention.

Que diriez-vous à une personne qui souffre de son image ou du regard des autres ?

Il y a plein de choses à dire.

Déjà, je lui dirais :  » Regarde-moi ! J’ai 24 ans, j’ai un morceau de jambe en moins et qui plus est, j’ai retrouvé l’amour alors que j’étais amputée. Le physique n’est pas la chose la plus importante. Le tout premier point, c’est avoir confiance en soi ! C’est un long travail mais j’y suis arrivée. Pourquoi pas toi ? »

Les gens apprécient dix fois plus quelqu’un qui sourit, qui est heureux mais handicapé ou moche plutôt que quelqu’un de beau qui fait la gueule. [rire]

Les gens adorent mon humour, pourquoi ? Tout simplement parce je blague sur mon handicap.

« Il faut arrêter de se lamenter, soit tu fais en sorte de changer, soit tu te laisses aller mais n’oublie pas que la vie est courte ».

Moi-même, j’aurais pu mourir ce jour-là.



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